Camille de Toledo et la bataille contre la « tristesse européenne »

 

Camille de Toledo et la bataille contre la « tristesse européenne »

Introduction

toledo

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Alexis Mital – alias Camille de Toledo, connu aussi comme CHTO, est une figure polyédrique de relief à l’intérieur du panorama artistique-littéraire français du XXe et XXIe siècle. En 2008, il a fondé la Société européenne des Auteurs afin de promouvoir une culture de toutes les traductions. Plus particulièrement, il a fondé cette société pour développer un type de traduction basé sur une diversité sociale et linguistique. En effet, selon cet auteur, la traduction est devenue un impératif culturel quotidien, et un usage responsable à travers une compénétration et une coopération entre toutes les langues européennes. Ce projet (qui se compose de quatre sous-projets : La liste Finnegan, TLHUB, Observatoire de la traduction, Sécession et World Translation Fund) a donc comme objectif principal celui de donner naissance à une plateforme de traduction multilingue.

Au carrefour entre l’écriture, l’art et la politique, Camille de Toledo est l’auteur d’essais mêlant les écritures et les genres : récit autobiographique, critique, micro-fictions, œuvres dans lesquelles le thème du multilinguisme est toujours présent et marqué. La traduction et l’« entre-les-langues » sont des thèmes majeurs dans sa production, mais il serait restrictif de limiter sa pensée à ces sujets. En effet, à partir de 2009 jusqu’en 2017, sa réflexion a touché aussi d’autres champs d’investigation qui leur sont tous liés, comme par exemple la « tristesse européenne », la colère, la politique et le rôle des artistes dans la période charnière entre le XXe et le XXe siècle.

On trouve ces thématiques déjà à partir de 2007,dans un essai intitulé Une littérature-monde en français, aussi bien que  Visiter le Flurkistan ou les illusions de la littérature-monde, publié en 2008. Ces deux œuvres peuvent être considérées comme une charge en faveur d’une littérature philosophiquement engagée mais libre de toute contrainte directement objectiviste, naturaliste ou réaliste, et qui relève bien plus fondamentalement de l’archéologie artificielle que de l’expérience « réelle » et « authentique » du voyage.

C’est donc aux thèmes de la tristesse européenne, de l’« entre-les-langues » et du plurilinguisme et au lien qui s’établit entre eux dans l’œuvre originale de C. De Toledo que nous consacrerons cette étude.

En outre, la période 2009-2017 est caractérisée par un véritable développement thématique de sa production, évolution qui a eu lieu à partir de Le Hêtre et le Bouleau. Essai sur la tristesse européenne (2009). C’est pour cette raison que le premier chapitre de notre analyse est dédié à cet ouvrage où le thème du plurilinguisme est paru pour la première fois.  Ce livre est une méditation sur la hantise européenne, l’obsession mémorielle, l’envoûtement d’être européens au XXe siècle. Intitulée L’Utopie linguistique ou la Pédagogie du vertige, la deuxième partie de l’essai s’ouvre sur une fiction, une perturbation. C’est la partie qui cherche à inventer une po-éthique de l’ « entre des langues » au XXIe siècle, pour se focaliser ensuite sur la problématique du multilinguisme européen.  C. De Toledo fait sienne la proposition d’Umberto Eco : « La langue de l’Europe, c’est la traduction. », c’est-à-dire une évolution linguistique qui porte à la naissance d’un univers culturel riche et complexe en même temps. Conte du XXIe siècle, L’Utopie linguistique ou la Pédagogie du vertige est le premier texte publié sur le thème « entre les langues ». Le Hêtre et le Bouleau. Essai sur la tristesse européenne fait partie, avec deux autres ouvrages Vies potentielles (Camille de Toledo, 2011) et Oublier, trahir, puis disparaître (C. de Toledo, 2014) d’une « trilogie européenne », qui examine philosophiquement et plastiquement ce moment charnière d’un siècle l’autre.

Ensuite, le deuxième chapitre de notre travail se concentre sur une autre œuvre fondamentale pour analyser l’œuvre de C. de Toledo : Les Potentiels du temps – Art et politique (C. de Toledo, 2016). Même si dans ce livre sorti en 2016 C. de Toledo traite toujours les thèmes de la « tristesse européenne » et de l’« entre les langues », il ajoute des concepts nouveaux qui montrent une véritable évolution de sa pensée. Cette œuvre raconte l’histoire de la création des productions artistiques de « l’Exposition potentielle » (Leipzig, 2015) et pose l’accent sur le rôle des artistes dans la période entre les XXe et XXIe siècles – rôle qui peut donner une réponse à la tristesse. Donc, le deuxième chapitre témoigne comment sept ans après la sortie de Le Hêtre et le Bouleau. Essai sur la tristesse européenne (Ibid.) l’auteur français ajoute le concept de « entre les siècles » à celui de « entre les langues ».

Dans le dernier chapitre de l’analyse, notre attention se focalisera sur le dernier livre de C. de Toledo sorti en février 2017 et qui s’intitule Le livre de la faim et de la soif. Cet ouvrage, qui a pour personnage le livre-même, souligne la conviction de l’artiste que nous sommes encore ancrés dans le passé dans un monde ancien qui ne parvient pas à se transformer en avenir.

C. de Toledo a voulu exprimer avec puissance la seule solution possible : considérer l’art en général et la littérature comme quelque chose (de nouveau) qui peut apporter de la nouveauté. La création de nouveaux langages représente le moyen le plus efficace. Et c’est dans ce cadre que le multilinguisme et surtout la traduction deviennent la meilleure arme pour combattre le sentiment de tristesse européenne. Une particularité de l’œuvre concerne les personnages ; le personnage principal, c’est le Livre lui-même qui raconte des histoires inachevées en s’apercevant qu’en nommant les choses il les détruit. Le projet concernant la genèse du livre a été assez complexe : l’auteur a voulu donner une forme presque parfaite à son ouvrage et le temps nécessaire pour essayer d’entrer progressivement dans la peau du livre et l’accueillir a été assez long (environ 7 années pour finir l’œuvre). En effet, C. de Toledo a investi beaucoup de temps dans la création de l’ouvrage et a donné vie à un véritable chef d’œuvre.

1. Les racines de la tristesse

le hetre

C. de Toledo publie Le Hêtre et le Bouleau : essai sur la tristesse européenne en 2009. Cet ouvrage ferait partie – avec Vies Potentielles (2011) et Oublier, trahir, puis disparaître (2014) – d’une « trilogie européenne », qui se veut une méditation philosophique et plastique profonde sur la période charnière entre le XXe et le XXIe siècle.

Le Hêtre et le Bouleau est une réflexion sur l’ordre politique et émotionnel de l’Europe après la Chute du Mur de Berlin en 1989. La Chute du Mur est effectivement l’événement déclencheur de toute sa méditation, mais il est surtout à l’origine du sentiment de « tristesse européenne », un concept clé qui caractérise toute sa production littéraire et artistique : « […] Histoire, mais la Chute du Mur de Berlin m’est très tôt apparue comme un événement porteur d’une immense tristesse […] ». (C. de Toledo, 2009, 13). Mais qu’est la « tristesse européenne » dont il parle dans cet ouvrage ? Il s’agit d’un sentiment issu de la fausse liberté offerte par la Chute du Mur de Berlin. On peut  définir ce livre de Toledo comme  une enquête incessante sur les raisons qui ont porté à ce sentiment de mélancolie, sur les raisons pour lesquelles un événement si attendu et si porteur de changement a été finalement  porteur de tristesse, et surtout comment cette tristesse, au fil du temps, s’est déployée, amplifiée, au point d’assombrir l’imaginaire politique européen : « […] De quoi donc est tissée la tristesse de la Chute du Mur de Berlin et, conséquemment, que contenait la joie de 1989 ? En quoi la disparition simultanée de deux ailleurs, l’Est pour l’Ouest, L’Ouest pour l’Est, a-t-elle sapé les conditions de l’espoir ? […]» (Ibid. 16)

Le Hêtre et le Bouleau est une réflexion sur l’ordre politique et émotionnel de l’Europe après la Chute du Mur de Berlin en 1989. La Chute du Mur est effectivement l’événement déclencheur de toute sa méditation, mais il est surtout à l’origine du sentiment de « tristesse européenne », un concept clé qui caractérise toute sa production littéraire et artistique : « […] Histoire, mais la Chute du Mur de Berlin m’est très tôt apparue comme un événement porteur d’une immense tristesse […] ». (C. de Toledo, 2009, 13). Mais qu’est la « tristesse européenne » dont il parle dans cet ouvrage ? Il s’agit d’un sentiment issu de la fausse liberté offerte par la Chute du Mur de Berlin. On peut  définir ce livre de Toledo comme  une enquête incessante sur les raisons qui ont porté à ce sentiment de mélancolie, sur les raisons pour lesquelles un événement si attendu et si porteur de changement a été finalement  porteur de tristesse, et surtout comment cette tristesse, au fil du temps, s’est déployée, amplifiée, au point d’assombrir l’imaginaire politique européen : « […] De quoi donc est tissée la tristesse de la Chute du Mur de Berlin et, conséquemment, que contenait la joie de 1989 ? En quoi la disparition simultanée de deux ailleurs, l’Est pour l’Ouest, L’Ouest pour l’Est, a-t-elle sapé les conditions de l’espoir ? […]» (Ibid. 16)

Les conséquences de la chute du Mur

Le Mur de Berlin formait deux états allemands différents, deux ailleurs séparés : la destruction du Mur a fait disparaitre l’autre, la figure à laquelle « se confronter, s’opposer, ou rêver ». Il n’existe pas un « nous » sans l’« autre » : ce qui a été détruit est une génération européenne entière, ou l’Europe elle-même. Le même concept de nous et d’autre est au centre du dernier essai de Marielle Macé, Styles. Critique de nos formes de vie, Paris, Gallimard, 2016, un essai qui se focalise sur l’autre et l’importance des autres vies, mais aussi sur des autres concepts comme la colère, qu’on retrouve dans des autres ouvrages de C. de Toledo, comme dans Les Potentiels du Temps. On retrouve cette opposition entre l’Est et l’Ouest aussi dans le titre-même de l’œuvre, un titre char . On retrouve cette opposition entre l’Est et l’Ouest aussi dans le titre-même de l’œuvre, un titre chargé des significations symboliques : pour Toledo le bouleau est l’arbre de l’Est, « témoin silencieux de l’extermination, l’arbre du massacre en train d’avoir lieu », l’arbre « des pleurs de l’Europe », l’arbre qui symbolise la mémoire du XXe siècle, parce qu’il poussait à côté des camps de concentration. Au contraire, le hêtre est l’arbre européen, un arbre aux essences nobles, mais aux feuilles caduques, fatiguées, sur le point de tomber. Il faut donc abandonner le hêtre et le bouleau et regarder plutôt au banian, arbre post colonial et diasporique, « pour ce que ses branches replongent vers le sol, afin de reprendre racine ».

La chute du Mur a été un événement porteur de liberté et d’espoir en l’avenir pour le monde entier, un changement radical qui a pourtant été le début d’une véritable confusion pour les citoyens d’Europe, mais surtout pour l’Allemagne. En 1989, quand le Mur tombait, tout le monde donnait l’impression d’être profondément heureux et soulagé, mais la réalité était différente. Les sourires cachaient inconsciemment, conformément à la pensée de Toledo, une tristesse énorme : « Nous voilà donc au lendemain de la Chute, aspirant à échapper à l’Histoire, au drame, touristes désengagés des massacres passés, plus ou moins bons élèves récitant la leçon du siècle, de ses démences, comme on dit un poème, en regardant par la fenêtre. Nous ressentons dans cette paix patrimoniale de la haine transformée en musée que quelque chose manque. » (Ibid. 31)

Dans ce passage, C. de Toledo nous compare à des « touristes désengagés » constamment privés de quelque chose dont nous n’arrivons pas à donner une définition ou, tout au moins, à prendre conscience. Ce que C. de Toledo veut nous faire comprendre c’est la difficulté que peut causer le passage d’une situation à l’autre, la peur du changement et le sentiment de la défamiliarisation qui peuvent perturber les esprits et éventuellement désorienter les peuples. Afin de donner une idée de la « tristesse » due à la Chute du Mur, il évoque une figure, un visage, celui de Mstislav Rostropovitch : « Pour ceux qui s’en souviennent donc, en novembre 1989, un maître, Mstislav Rostropovitch, dit ‘Rostro’, s’installa à quelques mètres de Checkpoint Charlie devant les fresques et graffitis de la culture alternative, berlinoise, des années 1989, dans ce recoin curieux longtemps subventionné par l’Occident, enclave fantôme en territoire ennemi ; et le maître posa une chaise devant le Mur, sortit délicatement son violoncelle de son étui et commença à jouer […] jouant Bach, les Suites de Bach, entre ses doigts, à cet instant, plus mélancoliques que joyeuses, plus tragiques que ne le suggéraient les autres bruits, les clameurs de liberté ». (Ibid., 18-19)

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Chute du Mur : Rostropovitch joue Bach en 1989 à Berlin © Capture d’écran

Vu par un observateur extérieur cette scène fut un détail sans importance à l’époque, mais qui cachait toute la douleur et la peur de l’humanité face au nouvel état des choses : « Seul le temps permet de voir clair dans les intentions que nous croyons donner à nos actes. Avec les années, des détails que nous estimions accessoires prennent dans la configuration nouvelle de nos émotions une importance imprévue » (Ibid, 19). La construction du mur de Berlin en 1961 a signifié pour l’Europe, mais surtout pour l’Allemagne, une prolongation de la guerre. C. de Toledo, en reprenant ce concept, explique que « Le XXe siècle ne peut infiniment gouverner l’état émotionnel, philosophique et politique de l’Europe. Il ne saurait être à lui seul une pédagogie, une morale et une leçon d’éducation civique. Et cependant, faute une refondation poétique suffisante, nous ne parvenons pas à le quitter. Le passé de nos drames, par une puissante inertie des corps, des récits de la mémoire, des monuments, se perpétue et nous voilà, vivants, à l’orée du XXIe siècle, parmi tant de fantômes. ». (Ibid. 39)

Selon C. de Toledo on doit parler avec ces fantômes, il faut que « les morts soient les esprits qui fondent le génie de l’avenir », et pour que cela soit possible on doit se réfugier dans la littérature, « art ancien et mondiale » qu’on doit utiliser comme moyen pour échapper aux malédictions du XXème siècle dont l’Europe se sent coupable pour l’humanité : « c’est en cela que la littérature vaudra mieux, à mes yeux, que la leçon de morale tirée du XXe siècle, car elle reconnait l’humanité profonde de l’oubli contre la construction mentale d’un ordre sans ‘évanescence’ ». (Ibid., 108)

Comme toutes les formes d’art, la littérature aussi, ne peut pas avoir de frontières : on peut parler des littératures nationales dans le sens de caractéristique, de la langue ou de tendances. Cependant, en tant qu’art, la littérature est une et une seule et il est essentiel de se rendre compte aujourd’hui à travers elle et la traduction que « nous ne sommes rien qu’un passé commun de guerres et le contemporain de nos malentendus » et c’est ce commun qu’il faut fonder aujourd’hui selon Toledo qui propose le processus idéal : « […] ce qu’il faudrait pour créer un commun, aujourd’hui, en Europe : non pas une langue commune, mais un corpus tournant de langues. Non pas une société savante, littéraire ou politique, bénéficiant du soutien de ses traducteurs, mais des êtres aux multiples appartenances, polyglottes, capables de dépasser les récits des nations ». (Ibid., 174)

La langue des identités multiples

Selon Toledo « la ‘traduction’ est la langue des identités multiples. Elle est notre venir, notre morale et notre jeu. Elle nous ressemble, nous qui sommes partagés, écartelés entre plusieurs cultures, plusieurs loyautés, plusieurs récits familiaux » (Ibid., 196). Notre expérience littéraire dépasse aujourd’hui les frontières linguistiques et devient un moyen pour mieux comprendre les différentes réalités qui caractérisent notre monde : la littérature reflète la culture à travers le médium de la langue et c’est pour cela que, grâce à la connaissance des langues « autres » nous avons la possibilité de saisir les concepts et les cultures « autres » qui se trouvent à l’intérieur des littératures « autres ».

Toledo consacre à ce thème la deuxième partie de son essai, intitulé L’utopie linguistique ou la pédagogie du vertige, où il développe sa pensée en reprenant l’affirmation d’Umberto Eco « la langue de l’Europe, c’est la traduction ». Il invoque donc la traduction et le passage d’une langue à une autre comme moyen d’habiter poétiquement le monde. C’est la traduction, « langue des identités multiples », qui nous aide à tourner la page très douloureuse du XXe siècle. En conclusion de cet essai, il expose son programme pour une utopie linguistique, un véritable projet culturel européen fondé sur la connaissance des différences et sur leur dépassement parce que la mémoire du XXe siècle doit être source de liens et non pas de scission.

Son projet, à la base des objectifs de la Société européenne des auteurs, fondé parallèlement à la publication de Le Hêtre et le bouleau, inclut la création d’une académie européenne des langues et de la traduction pour établir la base de savoirs et de connaissances de la « langue commune de l’Europe, pour constituer un corpus d’œuvres à traduire, pour définir les priorités de la traduction en Europe et définir les lacunes de la traduction dans les domaines scientifique et artistique », l’élaboration d’un manuel d’histoire européenne et la création d’un fonds européen pour la traduction croisée, l’objectif étant d’arriver en deux générations à une société de traducteurs. C’est ce programme, une forme de pédagogie par la traduction, qu’il appelle « pédagogie du vertige » : dans sa pensée il faut se réfugier dans l’entre-des-langues et vivre dans cet interstice d’intraduisible qui se perd ou se gagne chaque fois qu’on traduit, qu’on se traduit et qu’on traduit l’autre. Ce concept sera repris dans Les Potentiels du Temps, publié en 2016, où Toledo invoque de nouveau le « milieu », le « entre », in between, une frontière qui signifie ce qui existe entre les catégories, les langues, les genres, les cultures, ce qui ne rentre pas dans les catégories, ce qui refuse toute catégorisation.

2. Entre les langues et entre les temps

potentiels

« Où nous tentons de proposer un « rituel de potentialités » où le geste de transmission, qui est d’abord pensé comme transmission de mêmes de linéarités, est repensé comme une « mission transe », une tache pour rouvrir les angles de nos devenirs. » (C. de Toledo, 2016 : 181) C’est par cette phrase que C. de Toledo ouvre le chapitre « TRANSMETTRE » qui fait partie de Les potentiels du temps – Art et politique (2016) la deuxième œuvre de Camille de Toledo qui pose l’accent sur le thème de la « tristesse européenne ». Plus particulièrement, l’auteur a écrit ce livre sept ans après la publication de Le hêtre et le bouleau : Essai sur la tristesse européenne (C. de Toledo, 2009) et, dans ce laps de temps, il a eu la possibilité d’approfondir et développer sa pensée. En effet, même si les thèmes traités sont toujours le multilinguisme, le multiculturalisme et le rôle de la langue dans la production littéraire, dans cette œuvre on peut vraiment saisir une véritable évolution de sa réflexion. En outre, Les potentiels du temps introduit un autre sujet fondamental pour C. de Toledo : le rôle des artistes (pas seulement des écrivains) dans une société et dans une Europe qui a radicalement changé dans la période de transition entre le XXe et le XXIe siècle. Il faut encore une fois souligner que C. de Toledo n’est pas seulement un auteur célèbre, mais aussi photographe, éditorialiste et plus en général, un artiste aux multiples talents.

Il faut être des enfants

Recherche, art et politique, sont les vrais protagonistes de ce livre qui est une contribution à la bataille qui s’engage au début du XXIe siècle pour reconstruire des futurs, dans une époque « triste », qui a perdu l’espoir et qui est hantée par des idéologies de fin du monde. Camille de Toledo avec Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros, deux théoriciens de l’art, ont essayé d’élaborer collectivement une pensée pour des temps ouverts, des « temps potentiels » pour lutter contre cette réalité de la finitude, de la mélancolie, de l’absence d’espoirs. Ce passage du vingtième au vingt-et-unième siècle sous le signe de l’oubli était également, sous forme de métaphore au cœur du roman « Oublier, trahir, puis disparaître » où un enfant et un « vieil européen » traversent l’Europe. Dans ce conte du passage entre les temps, l’enfant parle une langue inconnue, hybride ; la langue du siècle à venir (un des titres possibles non retenu pour ce roman était « Histoire de la langue nouvelle » dont C. de Toledo, Imhoff et Quiros ont cherché à élaborer une syntaxe).

Et c’est encore une fois la figure de l’enfant qui, sept ans après la sortie de Oublier, trahir, puis disparaître (C. de Toledo, 2014), devient fondamentale aussi dans Les potentiels du temps. Plus précisément, comme C. de Toledo l’écrit : « […] Nous nous fixons cette mission : une mission de transes comme transmission. À cet égard, nous pouvons nous figurer notre rôle comme celui d’enfants tirants des flèches à l’intérieur d’une architecture définie, rigide, afin de produire des traces inédits, imprévus, en multipliant des possibilités de trajectoires » (C. de Toledo, 2016 : 186). Dans ce chapitre, on peut vraiment comprendre le rôle fondamental de l’écrivain/enfant qui doit commencer à penser l’art et la production littéraire comme quelque chose de complètement nouveau : « Dans notre enfance, il y eut parois, des murs que nous voulions déplacer. Enfants, nous étions de possibles existences. Quand nous avons été appelés à la parole, aux babils informes des premiers jours, nous objections à la langue, à l’orthophonie de cette langue. » (C. de Toledo, 2016 : 188). Les écrivains et, plus en général, les artistes ont donc pour mission de d’élaborer des langages nouveaux pour décrire un siècle qui n’a rien à faire avec le passé.

La langue de l’entre les temps

C’est donc dans ce cadre que les rôles de la langue, de la traduction et du multilinguisme deviennent protagonistes. Afin d’expliquer encore mieux ce concept, il continue en citant Daniel-Heller Roazen : « Comme l’écrit Daniel Heller-Roazen dans Écholalies, nous n’allons pas de l’ignorance au savoir, du non-langage à la langue. Nous sommes, avant le verbe, des capacités phonétiques infinies. Nous pouvons potentiellement parler toutes les langues […] Nous sommes phonétiquement capables de tous les sons et l’apprentissage d’une seule langue est, à cet égard, une réduction de nos capacités » (Ibid. : 188-189). Toutefois, comme l’auteur le souligne, les artistes et les écrivains n’ont pas tous été capables de se transformer en enfants et c’est aussi pour cette raison que la « tristesse » a pu avancer inexorablement : « Puis, nous avons grandi et nous avons accédé à d’autres mots, d’autres formes d’ordonnancement par les mots. Nous avons commencé à peser le poids des fautes, à entrer à notre tour dans le cycle de la culpabilité » (Ibid. :189). Ensuite, après avoir exprimé les causes de cette « sècheresse » caractéristique de la période charnière entre les deux siècles (et aussi « entre les langues »), Les potentiels du temps – Art et politique (Ibid.) cherche à trouver une solution à la tristesse européenne, refusant les « vieux mots » et les « anciennes grammaires ». Dans ce livre, C. de Toledo s’insurge contre la « ligne de la faute » et de l’ « impossible acquittement » à travers un procès de création qu’il explique de façon très claire : « Nous cherchions seulement à imprimer les conditions d’une nouvelle langue : accomplir un tour – un second Wende – qui nous délierait des découpes imposées […] Nous n’inventerons pas une langue, nous archiverons l’attente de toutes les langues possibles, de toutes les déplacements. » (Ibid. : 195-196)
Dans la pensée de C. de Toledo donc, pour vaincre la « tristesse » le rôle de l’écrivain et de l’artiste doivent être complètement bouleversés : « Nous, Wendekinder, créatures d’angles, nous serions invités à accomplir, dans ce rituel, une double conversion : l’une consistant à transformer un espace de contraintes en lieu de potentialités, l’autre visant à traverser la négation – le ne pas de Bartleby – jusqu’à atteindre une affirmation – je pourrais – de toutes les subjectivisés concevables » (Ibid. : 202). Toutefois, cette nouvelle attitude artistique n’en reste pas seulement au niveau théorique.

Le rôle de l’Exposition potentielle

L’installation artistique présentée dans l’Exposition potentielle à Leipzig en Mars 2015, peut être vue comme une mise en œuvre de sa pensée : « L’Exposition potentielle […] signerait l’épopée d’un âge, d’une période. Conçue pour ceux d’après, pour construire une archive, afin de consigner ce temps de recomposition où nous aurons été. […] L’exposition relevait d’abord de ce geste-là, un geste de transmission, entre les temps, non pour conserver la mémoire, mais pour entretenir, sans cesse, le souvenir de ce qui pourrait être, ce qui ne cesse, malgré tout, de pouvoir être infiniment ». (Ibid. : 208) Le what could be/ce qui pourrait être gravé sur une stèle et déposé sur le sol de l’usine utilisée pour « L’Exposition potentielle » représente donc la possibilité pour les artistes d’agir sur l’Histoire, alors que le what could have been/ce qui aurait pu être devient La mort de ce qui pourrait être : « Nous entrevoyions, déjà là, notre pays du traduire. Traducteurs, en effet, ils le seraient, du temps. Traducteurs entre les langues, les espèces, les genres, sujets rompus dès la naissance à la rupture. Nés de la division, aspirant à tout transformer ». (Ibid. : 212)

what could be

http://toledo-archives.net/oeuvres/lexposition-potentielle-2/

« Ce livre s’inscrit donc dans un mouvement de reconstruction des avenirs, dont différentes pratiques au cœur des mondes de l’art autant que de la pensée contemporaine témoignent, pour reprendre en main la politique et reprendre possession de la vie et de l’avenir ». C. de Toledo, Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros ont voulu « libérer l’énergie des devenirs » en retrouvant les voies des transformations encore possibles : « La tension entre ce qui veut être et ce qui demeure, ce qui est maintenu par la force, ne cesse d’augmenter. Telle est l’énergie retenue de notre impatience, de nos colères » (Ibid.205). Avant tout, ce livre propose donc d’adopter, subjectivement, un autre rapport au réel, à la « colère » (thématique qui devient fondamentale dans la production de Marielle Macé et plus particulièrement dans Styles. Critique de nos formes de vie, Paris, Gallimard, 2016) et à la « tristesse ».

Ces concepts seront repris et développés de façon encore plus approfondie, sous forme de roman, dans une autre œuvre de Camille de Toledo : Le livre de la faim et de la soif (C. de Toledo, 2017).

3. « Le livre de la faim et de la soif » : est-ce que la Littérature est morte ?

l livre de la faim

Sorti en février 2017, Le livre de la faim et de la soif de C. de Toledo représente à son tour une fiction entre les mondes, entre les langues en poursuivant avec ses formes labyrinthiques commencées avec Vies et mort d’un terroriste américain (2007) et Vies potentielles (2011). La genèse du livre a été assez compliquée, faite d’abandons, de renoncements, et de reconquêtes sur le livre lui-même : environ sept années pour publier l’ouvrage et trouver sa forme définitive. C. de Toledo a décidé de se mettre à la place du livre et d’entrer dans sa peau pour mieux savoir ce que celui-ci a à nous dire à propos de ce monde-ci. Au fond, le projet se focalise sur une idée assez simple qui concerne la transformation des histoires humaines, comme les récits religieux, qui ont caractérisé notre culture et notre vie pour accueillir ce temps complexe. En effet, tout revient au sentiment de « tristesse européenne », étant donné que nos collectifs ont porté à une « mort des cultures ». La grande mort de l’Europe est liée au champ des ruines, des guerres multiples entre les nations européennes, mais aussi au deuil gigantesque de l’extermination d’une culture qui était « entre ». Il faut souligner encore une fois le talent de C. de Toledo. Son approche littéraire embrasse la réalité du XXIe siècle qui est en mutation et qui est caractérisée par un sentiment de pessimisme et de catastrophisme auquel l’individu s’est abandonné.

Une rencontre entre philosophie et poésie

Dès les premières pages, Le Livre de la Faim et de la Soif (Ibid.) met en scène et littéralement en œuvre un « après » de la littérature où, lorsque tout a été déjà dit/raconté, surgissent deux personnages, jetés sur les routes du monde : le Livre et son sténographe, deux personnages comme deux hommes jetés dans le monde des hommes qui, comme personnages, vont traverser une sorte d’odyssée culturelle dans laquelle le livre va connaître un certain nombre d’épreuves pour savoir s’il peut croire en lui-même et s’il peut parvenir à sortir de lui-même. Le Livre est ici le livre tel qu’il est devenu dans « l’après la littérature » : il est le héros du contemporain lui-même, un personnage en reconquête de devenirs, en joie de potentiels, en fronde constante contre les effondrements, les pensées tristes, et la mélancolie européenne. Mais chaque fois, le Livre s’aperçoit qu’en nommant les choses il les détruit et doit repartir à la recherche d’une autre réalité. Il s’agit, pour C. de Toledo, de réunir dans une fiction labyrinthique la philosophie et la poésie, de fondre tous les possibles dans une narration sans limites. Une aventure littéraire exceptionnelle, vibrant à chaque page d’une joie d’inventer, d’une vitalité impressionnante.

La fin de la Littérature

« […] La fin de la littérature est la fin du livre. C’est à mes yeux une des explications les plus incontournables de notre inclination à la mélancolie : nous ressentons l’imminence d’une disparition, et c’est tout le filtre des regards, des expressions qui nous paraît contaminé par l’ombre de cette fin. Les mots, les visages et finalement les livres. L’écrivain, alors, accomplit presque malgré lui les figures attendues du regret […] » (C. de Toledo, 2017 : 12)

Dès le début, l’écrivain français souligne à plusieurs reprises le vif désarroi de l’individu devant un monde moderne toujours plus méconnaissable et toujours plus mort. En effet, la Littérature elle-même est morte. Elle a comme succombé dans un temps incertain mais si proche : la Littérature est morte de sa grand mémoire à porter le monde et à ne pas vouloir oublier. L’art en général a été le témoin ultime d’un vouloir oublier. D’une certaine réalité tragique et en même temps finie parce qu’il n’y a plus rien à raconter. Et ainsi la Littérature est comme parvenue à l’atroce de son dénouement, comme si elle était portée par l’accomplissement de son propre destin. Tous les livres ont été écrits et toutes les phrases ont été prononcées ; on a l’idée que du point de vue historique/littéraire il n’y a plus aucune certitude. Toledo a compris comme l’avenir de la littérature est forcément lié à la figure de l’écrivain qui doit s’adapter au réel en se détachant du passé. Il faut trouver des nouvelles solutions pour combattre le malaise de l’époque moderne.

Cependant, la parole de C. de Toledo cherche à vaincre le sentiment de désespoir et toute mélancolie à partir du moment où il désire avant tout offrir à la Littérature le roman avéré de son ré-début et le grand récit du livre à revenir pour mieux s’adapter à la réalité du XXIe siècle en abandonnant l’inclinaison collective à la tristesse et à la mélancolie. Encore une fois, l’auteur semble faire allusion de nouveau à la figure de l’enfant/écrivain, qui a eu un rôle fondamental dans
Oublier, trahir, puis disparaître. Ces deux figures ont une mission très difficile : elles doivent commencer à considérer l’art et la littérature comme quelque chose de nouveau. Se détacher du passé est la seule solution qu’ont les artistes afin d’élaborer de nouveaux langages et c’est dans ce cadre que la traduction et le multilinguisme deviennent la meilleure arme possible. Cette langue du siècle à venir s’oppose avec fermeté à l’architecture rigide d’un passé qui a perdu ses certitudes.

En lisant l’œuvre Le livre de la faim et de la soif (Ibid.), on peut se rendre compte que la littérature contemporaine est plus vivante que jamais. Ce que l’on considère actuel n’est pas multiple, mais il trace sa voix unique dans le redevenir de l’écriture capable d’affronter l’idée d’une existence portée par la tristesse, une existence qui n’appartient pas à personne. La langue devient une arme indispensable afin de pousser le lecteur à changer son regard négatif à propos de la réalité et à s’engager concrètement dans la vie quotidien.

Conclusion

À travers toute sa production littéraire, C. de Toledo a suivi un fil rouge qui relie toutes les thématiques les plus importantes de son œuvre : « la tristesse européenne », la mort de la littérature, le concept de plurilinguisme, la traduction, l’inquiétude d’être au monde et l’idée d’être « entre les langues ». On peut apprécier le grand travail qu’il a fait pour transmettre son héritage intellectuel et littéraire ; la genèse de chaque œuvre a été toujours problématique parce qu’il retournait souvent sur son projet en ajoutant de nouvelles considérations afin de perfectionner son travail.

Notre analyse a essayé de mettre en évidence l’importance de ses idées non seulement au niveau purement littéraire, mais aussi au niveau pratique, parce que toutes ses convictions ont donné vie à quelque chose de concret : la naissance de la Société Européenne des Auteurs. Elle se compose de quatre sous-projets : La liste Finnegan, TLHUB, Observatoire de la traduction, Sécession et World Translation Fund et a le but de créer une plateforme de traduction multilingue. Cette société représente un signal très fort de coopération entre les artistes en se proposant de contribuer à penser et façonner l’espace européen autour de la traduction, la migration et l’hybridation. En effet, il est convaincu que la traduction est devenue un impératif nécessaire pour mieux représenter la diversité culturelle et linguistique qui caractérise notre société depuis le début du siècle.

En prenant en considération l’évolution de la production de C. de Toledo dans la période 2009-2017, nous avons constaté une richesse thématique et une forte compénétration entre le monde littéraire/artistique et le monde politique en soulignant comment ces deux univers doivent procéder dans la même direction selon C. de Toledo. Grâce à sa vision innovatrice de la réalité, les lecteurs peuvent comprendre la force et la complexité du domaine linguistique dans sa production ; le but de Toledo est celui de pousser le lecteur à avoir un regard critique à l’égard de tout ce que nous entoure pour comprendre les différents aspects du quotidien.

Bibliographie

CERF, Juliette, Le hêtre et le bouleau : Essai sur la tristesse européenne, Philomag [en ligne] (2012)

DESHOULIERES, Valérie : Entretien avec Camille de Toledo, Le hêtre, le bouleau…et le banian. Tristesse européenne, pédagogie du vertige, ds. : Villa Europa 2, (2001)

DESHOULIERES, Valérie : L’Europe plausible, entre Texte et Lieu ds. Deshoulière, Valérie ; Lusebrink, Hans-Jurgen & Vatter Christoph : L’Europe entre Texte et Lieu (2013)

FAERBER, Johan, Poètes, romanciers, philosophes, artistes, nous sommes des légions à œuvrer pour que ça infinisse, Diacritik [en ligne], (2016)

KIANUSH, Ruf : Poétique du vertige et po-éthique de la traduction, La Subjectivité métisse comme « vertige de Soi », ds. : Villa Europa 7, (2017)

DE TOLEDO, Camille, Le hêtre et le Bouleau : Essai sur la tristesse européenne, Paris, Seuil, La Librairie du XXIe siècle, ISBN 978-2021010930 (2009)

DE TOLEDO, Camille, Europe : lettre aux nouvelles générations par Camille de Toledo, Le Monde [en ligne], (2012)

DE TOLEDO, Camille, Le potentiel du temps. Ar(t) politique, Paris, Manuella Editions, ISBN 978-2-917217-80-1 (2016)

DE TOLEDO, Camille, Le livre de la faim et de la soif, Gallimard, Collection Blanche, ISBN : 9782072699474 (2017)

MACÉ, Marielle, Styles. Une critique de nos formes de vie, Gallimard, (2016)

PORTIER, Cécile, Le lisible, le visible entretien avec Camille de Toledo, Info [en ligne], (2012)

RABATE, Dominique, La Littérature française respire-t-elle si mal?, Liverpool University Press.uk [en ligne] (2013)

SELVE, John Jefferson, Contre une littérature déprimée et/ou nombriliste, Bibliobs [en ligne], (2007)

Carnet de bord

Nous avons focalisé notre recherche autour de Camille de Toledo, connu aussi comme CHTO, une figure polyédrique qui ne s’occupe pas seulement d’écriture contemporaine, mais aussi d’art et de philosophie.

1ère étape: Notre première étape a été la recherche des articles traitants cet écrivain en tapant sur des moteurs de recherche scientifique (Isidore, Researchgate, Google Scholar, banque de données de l’Université de Gênes) les mots Camile de Toledo, CHTO, œuvres, idées, visions et Société Européenne des auteurs.

2ème étape: Ensuite, vus les résultats de la recherche, nous avons décidé de focaliser notre attention sur un thème précis, notamment la vision que Camille de Toledo a du plurilinguisme et de la traduction. C’est pour ça que nous avons donc recherché sur les mêmes moteurs de recherche des mots clés comme « plurilinguisme », « traduction », « importance de la traduction » et sa bibliographie aussi et nous avons obtenus plusieurs résultats et articles que nous ont aidé à choisir notre sitographie et notre bibliographie.

3ème étape: Nous avons rédigé notre sitographie et notre bibliographie, la dernière qui se compose principalement de deux de ses ouvrages, notamment Les potentiels du temps et Le hêtre et le bouleau. La sitographie et la bibliographie vont s’élargir au cours de la recherche.

4ème étape: Nous allons rédiger un plan pour notre travail, tous les membres du groupe vont se focaliser sur une partie précise, mais tous vont travailler ensemble et dans la redaction de l’introdution et dans les conclusions finales.

Sitographie

DE TOLEDO, Camille, site officiel [consulté le 25 mars]: http://toledo-archives.net/

LE BILLET DES AUTEURS DE THÉÂTRE, Le hêtre et le Bouleau, [vidéo en ligne]. Dailymotion, 26 mars 2010 [consulté le 20 mars 2017]. Disponible sur le Web https://www.dailymotion.com/video/xyndwb_le-hetre-et-le-bouleau_creation

OUILESLANGUES, L’Académie européenne des langues et de la traduction selon Camille de Toledo http://www.ouileslangues.com/archives/p40-10.html

SEUA, Société Européenne des Auteurs http://www.seua.org/fr/